Odette Carotte

Reading the Penguin Proust in English, like a glutton

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lancelot-joy:

Je ne désire pas une femme, je désire le paysage qui est enveloppé dans cette femme. Paysage que je ne connais pas mais que je pressens et tant que je n’aurais pas déroulé le paysage qu’elle enveloppe, mon désir n’aura pas abouti.

L’Abécédaire de Gilles Deleuze, ”D comme Désir”, réalisé par P-A Boutang

Le paysage d’une femme, autrement dit, c’est le possible enveloppé en elle.

Si nous pensions que les yeux d’une telle fille ne sont qu’une brillante rondelle de mica, nous ne serions pas avides de connaître et d’unir à nous sa vie. Mais nous sentons que ce qui luit dans ce disque réfléchissant n’est pas dû uniquement à sa composition matérielle ; que ce sont, inconnues de nous, les noires ombres des idées que cet être se fait, relativement aux gens et aux lieux qu’il connaît — pelouses des hippodromes, sable des chemins où, pédalant à travers champs et bois, m’eût entraîné cette petite péri, plus séduisante pour moi que celle du paradis persan, — les ombres aussi de la maison où elle va rentrer, des projets qu’elle forme ou qu’on a formés pour elle ; et surtout que c’est elle, avec ses désirs, ses sympathies, ses répulsions, son obscure et incessante volonté. Je savais que je ne posséderais pas cette jeune cycliste si je ne possédais aussi ce qu’il y avait dans ses yeux. Et c’était par conséquent toute sa vie qui m’inspirait du désir ; désir douloureux, parce que je le sentais irréalisable, mais enivrant, parce que ce qui avait été jusque-là ma vie ayant brusquement cessé d’être ma vie totale, n’étant plus qu’une petite partie de l’espace étendu devant moi que je brûlais de couvrir, et qui était fait de la vie de ces jeunes filles, m’offrait ce prolongement, cette multiplication possible de soi-même, qui est le bonheur. Et, sans doute, qu’il n’y eût entre nous aucune habitude — comme aucune idée — communes, devait me rendre plus difficile de me lier avec elles et de leur plaire. Mais peut-être aussi c’était grâce à ces différences, à la conscience qu’il n’entrait pas, dans la composition de la nature et des actions de ces filles, un seul élément que je connusse ou possédasse, que venait en moi de succéder à la satiété, la soif — pareille à celle dont brûle une terre altérée — d’une vie que mon âme, parce qu’elle n’en avait jamais reçu jusqu’ici une seule goutte, absorberait d’autant plus avidement, à longs traits, dans une plus parfaite imbibition.

Marcel Proust, A l’ombre des jeunes filles en fleur, p.38-39.

(Source: youtube.com)

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Man differs from other animals in one very important respect, and that is that he has some desires which are, so to speak, infinite, which can never be fully gratified, and which would keep him restless even in Paradise. The boa constrictor, when he has had an adequate meal, goes to sleep, and does not wake until he needs another meal. Human beings, for the most part, are not like this.
Bertrand Russell in “What Desires Are Politically Important?” which was his Nobel Lecture in Stockholm 11 December 1950.

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I had hardly time to notice…a young fruit seller, a dairy-girl standing in front of her shop door, lit up by the winter sun, like a heroine whom my desire could involve in the most delicious complications, on the threshold of a novel which I should never read.

Marcel Proust, The Prisoner, translated by Carol Clark, p. 149.

If you wanted to, you could reduce human existence to survival, and love to attachment and procreation, and Proust to narcissistic existential anxiety or whatever. But that’s boring. In life we like drama, in novels we like delicious complications. 

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Perhaps the habit I had developed of keeping certain desires secret within myself, the desire for a young girl of good society like the ones I saw passing under my window followed by their governesses, and particularly the one Saint-Loup, who frequented brothels, had told me about, the desire for pretty lady’s-maids, and particularly Mme Putbus’s, the desire to go to the country in spring and see the hawthorns again, the desire for storms, for Venice, to set to work, to live like other people, perhaps the habit of keeping all these desires alive in me without satisfying them, simply promising myself that I would not forget to realized them one day, perhaps this habit, formed over so many years, of perpetual postponement, of what M. de Charlus damned under the name of procrastination, had become so general in me that it had invaded even my jealous suspicion…
Marcel Proust, The Prisoner, translated by Carol Clark, p. 75.

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We were in that torrid season of the year when a liberated sensuality is more ready to visit the organs of taste and seeks coolness above all. More than for the kiss of a girl, it thirsts for an orangeade or for a bath, or to gaze indeed on that peeled and juicy moon that was quenching the thirst of the sky.
Marcel Proust, Sodom and Gomorrah, translated by John Spurrock, p. 49.

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